Longtemps au service d’une unique grande fortune, Orientis Partners s’ouvre désormais au marché. Forts de leur nouvelle licence de PSF, Mathieu Potier et Julien Brenier entendent combler un vide sur le marché luxembourgeois : offrir aux fonds et family offices de taille moyenne la réactivité et le sur-mesure que les grands administrateurs leur refusent.

Ecorama Luxembourg : Vous êtes passés à un modèle de prestataire de services du secteur financier (PSF) multi-clients. De quelle manière votre gouvernance garantit-elle une étanchéité totale de l’information et une gestion des risques conforme aux exigences de la CSSF pour l’ensemble de vos contreparties ?

Mathieu Potier, co-fondateur et Managing Partner : L’obtention de notre licence de PSF de support marque une étape importante dans notre développement. Notre expérience s’est construite au sein d’un environnement particulièrement exigeant, caractérisé par des structures d’investissement complexes et des standards opérationnels élevés.

Notre taille joue aujourd’hui en notre faveur. Elle nous permet de maintenir une gouvernance claire, avec des responsabilités bien identifiées et des circuits de décision courts. La supervision de la CSSF confirme que notre organisation, nos procédures et notre gouvernance répondent aux standards attendus d’un acteur régulé de la Place.

Notre infrastructure informatique et nos procédures opérationnelles sont conçues pour assurer une stricte confidentialité et une séparation rigoureuse des informations entre nos différents clients.

Au-delà des audits réalisés dans le cadre de nos mandats, notre propre organisation fait également l’objet d’un contrôle annuel indépendant. Celui-ci couvre non seulement les aspects financiers, mais aussi l’effectivité de notre gouvernance, de notre dispositif de gestion des risques et de nos procédures opérationnelles.

E.L. : Comment envisagez-vous le développement de vos équipes pour maintenir un niveau d’excellence opérationnelle et de réactivité au fur et à mesure de la croissance de votre clientèle ?

Julien Brenier, co-fondateur et Managing Partner : Dans notre métier, la montée en puissance des équipes ne peut pas être improvisée. Intégrer un fonds régulé par la CSSF ou un autre régulateur suppose une phase d’acceptation, d’analyse des risques et de collecte de la documentation réglementaire qui peut s’étendre sur plusieurs mois.

Cela nous permet d’anticiper les besoins en ressources, de recruter les profils adaptés, de les former à nos méthodes et de garantir le même niveau d’exigence opérationnelle à mesure que notre clientèle se développe.

Le choix d’un nouvel administrateur constitue une décision importante pour un gestionnaire de fonds. Le processus est naturellement progressif et laisse le temps aux deux parties de construire une relation solide avant le démarrage opérationnel.

E.L. : Dans un marché où la précision de la donnée est devenue hautement stratégique pour les family offices et les gestionnaires de fonds, votre infrastructure technologique permet-elle de transformer la comptabilité technique en outils de pilotage et en reportings sur mesure (Lux GAAP / IFRS) ?

M.P : C’est sans doute notre principal facteur de différenciation. Notre expérience nous a conduits à développer un véritable écosystème opérationnel autour des données financières, bien au-delà du seul calcul de la Valeur Nette d’Inventaire.

Nous accompagnons nos clients sur l’ensemble de la chaîne de valeur : états financiers, reportings financiers, factsheets, tableaux de bord et, lorsque la situation l’exige, reportings quotidiens ou analyses spécifiques.

Notre objectif n’est pas seulement de produire des chiffres, mais de transformer les données comptables en informations fiables et directement exploitables par les gestionnaires dans leur processus de décision.

E.L. : Dans mes recherches, j’ai compris que vous cibliez spécifiquement les structures d’investissement de petite et moyenne taille. Selon vous, quelles sont les attentes prioritaires de ce segment de clientèle aujourd’hui ?

J.B : Nous sommes ouverts à toute structure d’investissement qui recherche un partenaire capable de lui apporter de la valeur au-delà des prestations d’administration classiques. Dans la pratique, nous constatons que cette attente est particulièrement forte chez les gestionnaires de fonds, les family offices et les sociétés d’investissement de taille petite ou intermédiaire.

Ce segment est souvent confronté à des besoins de reporting, de personnalisation et de réactivité qui ne trouvent pas toujours leur place dans des modèles très standardisés. C’est moins une question de taille que de complexité opérationnelle et d’exigence en matière d’information.

Nous nous positionnons comme une boutique spécialisée, capable de combiner la robustesse attendue d’un administrateur de fonds avec un haut niveau de flexibilité, de proximité et de personnalisation.

E.L. : Quelles sont les attentes de ces clients-là ?

J.B : La première attente est la réactivité, mais elle ne suffit plus. Les gestionnaires recherchent aujourd’hui des informations fiables, exploitables et adaptées à leurs besoins, afin de pouvoir prendre des décisions rapidement.

Au-delà du calcul de la VNI, nous transformons les données comptables en outils de pilotage. À partir d’une même base de données, nous pouvons produire des tableaux de bord, des analyses sectorielles ou géographiques, des indicateurs de performance ou encore des reportings entièrement personnalisés.

Notre ambition est d’accompagner les gestionnaires bien au-delà de la comptabilité traditionnelle, en leur fournissant une information qui éclaire véritablement leurs décisions. C’est cette approche qui nous conduit naturellement à intervenir à la fois sur des fonctions de back-office et de middle-office.

E.L. : Le statut de PSF soumis à la surveillance de la CSSF est un gage de confiance et de solidité institutionnelle. C’est très important ici au Luxembourg. Comment intégrez-vous ces standards réglementaires élevés au cœur de votre modèle ?

M.P : Pour nous, la conformité réglementaire n’est pas une contrainte qui vient ralentir l’activité ; elle constitue le socle sur lequel nous construisons notre organisation.

Notre objectif est précisément de concilier deux exigences qui sont souvent présentées comme contradictoires : la robustesse des contrôles et l’agilité opérationnelle. Avec plus de quinze ans d’expérience dans cet environnement, nous savons que la qualité d’un administrateur ne se mesure pas uniquement à sa capacité à respecter les règles, mais aussi à sa capacité à les intégrer dans des processus efficaces et réactifs.

C’est cette combinaison entre discipline réglementaire, maîtrise opérationnelle et proximité avec le client qui constitue, selon nous, notre véritable valeur ajoutée.

E.L. : Comment voyez-vous le futur du marché des family offices au Luxembourg ?

J.B : Le marché des family offices continuera selon nous à se développer, mais surtout à se complexifier. Les attentes ne portent plus uniquement sur la qualité de l’administration, mais sur la capacité à produire une information adaptée à des structures d’investissement toujours plus sophistiquées.

C’est précisément dans cet environnement que nous souhaitons évoluer. Notre ambition est d’accompagner ces acteurs en mettant à leur disposition des cadres opérationnels, des reportings et des outils de pilotage capables d’évoluer au même rythme que leurs besoins.

E.L. : Donc si je comprends bien, vous êtes confiants en l’avenir ?

J.B : Nous sommes convaincus que le marché évolue vers des modèles plus agiles, plus personnalisés et davantage orientés vers la donnée. Notre ambition est d’accompagner cette évolution en mettant notre expertise au service d’un nombre croissant d’investisseurs et de gestionnaires.

E.L. : En conclusion, quel est le client de vos rêves ?

J.B : Notre client idéal est celui qui considère que la qualité de l’information constitue un avantage compétitif. Dans cette logique, notre rôle dépasse largement la production d’une comptabilité ou d’une VNI : nous voulons être percus comme un partenaire opérationnel qui apporte de l’information décisionnelle au gestionnaire.

M.P : Notre ambition est d’être pleinement intégrés à la chaîne de valeur de nos clients. Nous voulons être perçus non comme un simple administrateur de fonds, mais comme un partenaire opérationnel, en soutien direct au gestionnaire. C’est cette proximité qui nous permet d’apporter une valeur ajoutée.


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