Extension de la technologie des registres partagés (DLT) aux contrats intelligents, finalisation de la réforme fiscale sur les stock-options… Lors de son allocution ce mercredi au salon Nexus, le ministre des Finances a fait deux annonces majeures qui ne sont pas passées inaperçues dans l’écosystème financier et tech luxembourgeois.
Dans son discours, le ministre a rappelé que malgré un contexte international lourd, marqué par les conflits et leurs conséquences économiques, le mécanisme de la Tripartite a une nouvelle fois fait ses preuves. Le dialogue entre syndicats, patronat et gouvernement a permis de maintenir la stabilité et de prendre « des décisions difficiles sans perdre sa cohésion sociale ». Gilles Roth a ajouté dans la foulée : « Comme vous pouvez le constater, le modèle luxembourgeois fonctionne ».
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle n’est plus une idée théorique. Elle est devenue au fil des mois une priorité stratégique qui se dote d’une gouvernance, de centres de test et d’une puissance de calcul doublée. « Depuis la dernière édition de Nexus, nous avons fait de l’IA dans la finance une vraie priorité. Nous avons mis en place un comité consultatif pour l’IA dans la finance », a précisé le ministre. « Cela nécessite également l’infrastructure solide dont nous disposons grâce à LuxProvide et MeluXina, notre supercalculateur, qui sera complété par une deuxième machine, MeluXina AI, pour répondre aux capacités nécessaires à l’IA à l’avenir », a-t-il ajouté.
Le Luxembourg, pionnier de la Blockchain
Après avoir légiféré très tôt sur la blockchain et la tokenisation, l’État veut passer à la vitesse supérieure avec l’émission de dette publique d’envergure internationale gérée par smart contracts. Gilles Roth a rappelé que les quatre lois successives sur cette technologie ont créé « une sécurité juridique pour le financement tokenisé », soulignant au passage que le pays a été pionnier dans ce domaine.
Désormais, l’objectif est d’utiliser la technologie des registres partagés (DLT) pour des émissions de taille de référence (benchmark). « L’un des éléments clés de ces nouvelles émissions sera son éligibilité comme garantie (collatéral) auprès de la Banque centrale européenne (…) tandis que la technologie DLT s’étendra jusqu’à la création d’un contrat intelligent (smart contract) ».
Stock-options : la réforme en vue
Cette première annonce en a appelé une seconde, très attendue par le secteur : la réforme fiscale des stock-options annoncée l’année dernière. « Nous pouvons annoncer que le travail législatif est désormais dans ses formulations finales. Notre plan est de présenter le projet de texte en Conseil de gouvernement dans les prochaines semaines », a énoncé Gilles Roth. L’objectif est de mettre en place ce nouveau régime le plus rapidement possible : « C’est capital pour les start-ups et pour l’attraction des talents ». Un message qui a dû ravir les oreilles de l’écosystème technologique local.
Le Grand-Duché ne compte pas passer à côté des enjeux de souveraineté européenne. Les différents conflits mondiaux poussent le pays à investir massivement dans la défense, la sécurité et la cybersécurité en adaptant ses outils de financement publics. Depuis 2025, la SNCI a ainsi décidé de mettre à disposition 300 millions d’euros supplémentaires sur quatre ans pour soutenir les start-ups de la fintech, de la cybersécurité et de l’IA.
Enfin, le Fonds national de défense, récemment lancé, est doté de 150 millions d’euros pour « soutenir des projets innovants dans le domaine de la défense et des technologies à double usage ». Le gouvernement soutient également la création d’une nouvelle banque multilatérale, la Banque pour la défense, la sécurité et la résilience (DSRB), « qui aura son siège européen ici au Luxembourg ».
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