Après moult rebondissements, l’ancien ministre des Finances a été désigné en tant que nouveau directeur général du Mécanisme européen de stabilité (ESM) vendredi 25 novembre. Cette nomination signe la fin d’un long feuilleton mêlant abandon et surprise.

Enfin, la décision a été prise. Le Conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité (ESM), composé des 19 ministres des Finances de la zone euro ont désigné à l’unanimité l’ancien ministre des Finances Pierre Gramegna comme nouveau directeur général de l’ESM. Dès le 1er décembre, il succèdera à Christophe Frankel qui assurait l’intérim depuis le 6 octobre. Le mandat à la tête de cette institution durera 5 ans.

La désignation de M.Gramegna n’a pas été simple. Le 23 mai dernier, le nom du futur directeur général de l’ESM devait être dévoilé. A cette époque, l’ex-ministre était déjà dans la course et bénéficiait déjà du soutien du gouvernement luxembourgeois. Dans un article, nos confrères de paperjam.lu listaient ses chances d’accéder à cette fonction. Pierre Gramegna présente « un profil à la fois de technicien et de diplomate (il a été ambassadeur du Luxembourg au Japon et en Corée du Sud) et possède une solide expérience comme ministre des Finances pendant huit ans. Il remplit, a priori, les critères d’éligibilité pour ce poste » mais pour le politologue de l’Université de Luxembourg, Philippe Poirier cité dans le texte «  cela n’est pas forcément le critère essentiel pour l’UE ». Il n’était pas le seul à briguer le poste. Joao Leao, l’ancien ministre des Finances portugais, l’ex-vice-ministre des Finances des Pays-Bas Menno Snel et Marco Buti, chef de cabinet italien au Commissariat européen de l’économie s’étaient positionnés dans la course.

Hélas, la désignation ne s’est pas faite tout de suite. Au mois de septembre, les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Prague n’ont pas réussi à s’entendre pour désigner le successeur de Klaus Reding à la tête de l’institution. A l’époque, il y avait urgence puisque le mandat du directeur allait s’arrêter le 7 octobre. Le ministre luxembourgeois et son homologue portugais (ndlr : en poste entre 2020 et mars 2022) faisaient figure de grands favoris. « Le troisième point à l’ordre du jour de l’Eurogroupe aujourd’hui était notre effort pour nommer un nouveau directeur général du Mécanisme européen de stabilité. Les consultations à ce sujet se poursuivent et je vais convoquer sous peu une réunion du Conseil des gouverneurs du MES afin de faire avancer ces travaux », commentait ce moment-là Paschal Donohoe, le président de l’Eurogroupe.

Le coup de pouce de l’Italie et de la France

Vers la fin septembre, nouveau rebondissement : Pierre Gramegna et son concurrent Joao Leao retirent leur candidature d’un commun accord « dans l’intérêt de cette institution dont le siège est à Luxembourg ». Une véritable douche froide. Aucun des deux candidats n’avait réussi à recueillir la fameuse majorité qualifiée de 80 % des voix. Malgré le fait que chacun d’entre eux a réussi à rassembler un grand nombre de voix, comme nous l’écrivions à cette date.

Deux mois plus tard, la candidature du Luxembourgeois semblait redevenir une option valable. D’après les informations du LuxTimes reprises par la presse luxembourgeoise le 24 novembre, sa nomination aurait été « quasi faite » depuis qu’il a reçu un soutien de poids : celui de l’Italie et de la France. Une information qui confirme celles du site allemand Table.media. Après avoir quitté ses fonctions ministérielles fin 2021 et avoir échoué deux fois dans la course à la présidence de l’Eurogroupe, Pierre Gramegna entame un nouveau chapitre de sa vie professionnelle au 6a du Circuit de la Foire Internationale au Kirchberg.