Demande en hausse pour les logements existants, diversification géographique, nouveaux types de logements… le marché de l’immobilier résidentiel au Luxembourg s’est diversifié en 2021 et accueille de nouveaux concepts, selon le spécialiste de l’immobilier Jones Lang LaSalle (JLL).

« On voit un changement dans la mentalité d’achat », a assuré Robby Cluyssen, Director Residential Agency de chez Jones Lang LaSalle (JLL) lors de la présentation vendredi des chiffres de l’année 2021. L’entreprise a constaté une demande plus importante pour les appartements existants. Confrontés à des prix toujours plus élevé dans le segment de l’immobilier neuf, les futurs acquéreurs se tournent vers des biens déjà construits. Selon l’Observatoire de l’Habitat, à la fin de l’année 2020, la moyenne nationale est de 7014 euros par m² contre 8014 euros par m² pour les appartements dits VEFA, c’est-à-dire en vente en l’état futur d’achèvement, ce qui correspond à une différence de 12 %. L’augmentation de la demande entraîne une hausse des prix : 11 % sur base annuelle à fin octobre 2021 contre 3 % pour le prix des appartements en VEFA. Pour Robby Cluyssen, pas de doute : « la pandémie a renforcé la tendance à aller vers de l’existant plutôt que du VEFA ».

L’accroissement récent des prix des matériaux de construction devrait renforcer l’intérêt pour les habitations existantes. Elle s’élève à 10 % en moyenne par an d’après l’indice des prix à la construction. JLL soutient que certaines ventes VEFA conclues ont dû êtres remises à plus tard voire annulée « par manque de budget » et ou de financement à cause de l’accroissement important des prix.

L’Observatoire de l’Habitat a fait état à la fin octobre 2021 de 3589 transactions d’appartements existants contre 1634 pour les appartements neufs. Ceux-ci ne représentent plus « qu’une proportion de 31 % du total des transactions contre 40 % en 2020 », observe JLL.

Co-living ou « tiny houses » ?

L’une des tendances déjà relevée par JLL avant la crise sanitaire s’est concrétisée : il s’agit de « la diversification géographique de la demande ». En effet, la périphérie de la capitale séduit de plus en plus. Les futurs acquéreurs se dirigent même vers d’autres régions du pays comme par exemple le Nord. Le Director Residential Agency de Jones Lang LaSalle explique que « l’occupant va chercher un cadre de vie plus verdoyant, un logement de surface plus grande (et plus familiales), un ticket d’entrée plus bas (NDLR : que l’on trouve encore dans des villes de la Nordstadt) et une localisation attractive à proximité de la Ville ». Bien que le télétravail a pris de l’ampleur, les projets situés dans des villes et villages bénéficiant d’une bonne communication avec Luxembourg-Ville ont la préférence des acquéreurs.

En outre, pour les investisseurs, le taux de rendement « peut être supérieur pour un bien en périphérie, moins cher à l’acquisition qu’un bien dans le centre de la capitale, tout en offrant un bon niveau de loyer et un risque locatif très acceptable vu la demande constante, la croissance de la population et la proximité des centres d’affaires », pointe l’entreprise.

Depuis de nombreuses années, le Luxembourg souffre d’un manque de logements sur le marché. De nouveaux concepts d’habitation émergent. Robby Cluyssen cite le co-living. Ce concept plus large que la colocation, répond à de nouveaux modes de vie et séduit aussi bien les millénals que les expatriés. Un autre concept innovant : les résidences dotées de communs partagés qui s’orientent vers un public plus familial. Il crée du lien et le sentiment d’appartenance à une communauté. Enfin, un type de logement bien connu en Scandinavie, les « tiny houses », ces maisons de petites surfaces composées de bois ou de conteneurs, déplaçables au gré des envies ou des nécessités pourraient être une solution innovante pour résoudre le problème du logement dans le pays, « sur le court et le moyen terme », complète le spécialiste de l’immobilier résidentiel.

Le marché de l’immobilier résidentiel au Grand-Duché a vu la demande pour des appartements existants croître l’an passé. (Photo : pexels)