D’après Simon Webber, Lead Portfolio Manager chez Schroders la décarbonation peut devenir la méga tendance de la prochaine décennie.

C’est un fait : les actions américaines sont les grandes gagnantes de la décennie passée. Selon le gestionnaire d’actifs Schroders, elles ont généré un rendement de 292 %, par rapport aux 73 % enregistrées pour les actions mondiales.

Dans le secteur de l’énergie durable, les entreprises américaines n’ont pas le monopole. Schroders prend l’exemple de l’énergie éolienne. Dans ce secteur, le danois Vestas est leader du marché, suivi par Siemens Gamesa. L’américain GE Wind n’arrive qu’en quatrième position. Pour l’énergie solaire, c’est clairement la Chine qui domine le marché.

Dans le domaine de la voiture électrique, personne n’a réussi à dépasser Tesla, le leader du marché. Simon Webber, Lead Portfolio Manager, se demande pour combien de temps encore. En effet, Volkswagen affiche de grandes ambitions et entend doubler Tesla dans cinq ans. « L’alliance de Renault, Nissan et Mitsubishi avec le chinois Geely dépassera probablement Tesla la même année », prévient-il. Les batteries représentent une pièce « indispensable » des voitures électriques. Les entreprises asiatiques sont championnes dans le domaine. Et les acheteurs de véhicules électriques se trouvent précisément en Europe et en Chine.

Simon Webber Lead Portfolio Manager parie sur la décarbonisation.(Photo : schroders)

L’alternative hydrogène

Simon Webber se demande si l’hydrogène pourrait représenter une alternative à la propulsion électrique. Il peut être produit à partir de combustibles fossiles mais également grâce à l’énergie durable. Son point fort étant qu’il n’émet pas de CO2 et qu’il peut servir au stockage d’énergie et à la propulsion.

Toujours d’après l’expert, les entreprises européennes cherchent à rendre leur production, et la chaîne d’approvisionnement, « plus durables ». « Elles auront donc une longueur d’avance si le développement durable devient, dans le futur, une exigence importante. Cela leur ordonne un avantage si on passe à la phase d’augmentation de la taxation et des prix du CO2 », complète-t-il.

La domination des États-Unis provient d’une demi-douzaine d’entreprises qui, chacune dans leur domaine, resteront leaders de marché, selon Simon Webber. Si le climat devient plus propice au développement durable et à la réduction des gaz à effet de serre, « les investisseurs seraient bien avisés de se tourner vers les entreprises de pointe en dehors des États-Unis », dit-il.

Les acheteurs de véhicules électriques se trouvent précisément en Europe et en Chine, d’après Simon Webber Lead Portfolio Manager de Schroders. (Photo : pexels)