Les tempêtes de l’an dernier n’ont pas secoué la « maison » Raiffeisen. La banque coopérative a enregistré l’un de ses meilleurs exercices de l’histoire, hors éléments non récurrents. Elle avait déjà signé une très belle performance il y a quelques années avec la vente de sa société de réassurance. Avec des résultats en progression dans toutes les branches, elle a pu, entre autres, augmenter ses réserves et investir pour l’avenir.
La banque Raiffeisen est solide comme un roc. Malgré un cocktail explosif mêlant tensions politiques, instabilité géopolitique (guerres en Ukraine, au Moyen-Orient et dans d’autres régions du monde), imprévisibilité de la politique économique de Donald Trump et risques inflationnistes, l’établissement coopératif de Leudelange a dégagé un résultat net de 31,1 millions d’euros, en hausse de 11 % par rapport à 2024. Une prouesse.
Guy Hoffmann, président du conseil d’administration, s’est dit convaincu mercredi, lors de la présentation des résultats 2025, que « plus les temps économiques sont agités, plus il est important de pouvoir compter sur une banque solide, présente lorsque ses clients en ont besoin ». Et visiblement, ils avaient besoin d’elle. « Dans ce contexte, nous avons enregistré une croissance tant au niveau des activités de crédit que de nos dépôts », souligne-t-il. Les volumes restent inférieurs aux « croissances historiques connues avant la crise, surtout dans les projets immobiliers en VEFA » (vente en l’état futur d’achèvement). Le taux de croissance de 3,4 % pour les crédits dépasse celui publié par la Banque centrale du Luxembourg (BCL), qui s’élève à 3 %.
Rappelant les principes cardinaux de la banque, la prudence et le respect ainsi que ses forces (qualité de service, écoute, sérieux et disponibilité) et le concept du phygital, M. Hoffmann assure que l’établissement se porte bien « tout simplement parce que nous continuons à faire avec conviction ce que les autres ont peu à peu cessé de faire ». C’est-à-dire : « écouter, accompagner et être présent ». Pour lui, dans un monde automatisé, « la présence humaine et la confiance deviennent un avantage concurrentiel ».
Une banque privée dynamique
Les chiffres en témoignent. À la fin de l’année 2025, le total du bilan s’est établi à 11,9 milliards d’euros, en hausse de 3,7 % par rapport à 2024. Selon Laurent Zahles, président du comité de direction, « cette progression s’inscrit dans une trajectoire de croissance moyenne de 5 % sur la dernière décennie ».
Cette évolution est « significative » dans un contexte marqué par une « relative normalisation des taux d’intérêt » et les tensions géopolitiques actuelles. Les dépôts à la clientèle n’ont pas ralenti, bien au contraire : ils atteignent 10,7 milliards d’euros, en progression de 3,7 %. Cette augmentation est « portée » par l’épargne des ménages, qui a grimpé de 378 millions d’euros (+5,7 %). A contrario, les dépôts des clients professionnels restent « globalement stables ».
L’activité de banque privée n’est pas en reste. Elle poursuit sa « forte dynamique », avec des encours en progression de 15,2 %, atteignant 2,3 milliards d’euros.
Le montant des crédits s’élève, quant à lui, à 8,1 milliards d’euros (+3,4 %). Cette activité a notamment bénéficié de la reprise du crédit logement pour les biens existants. Cette augmentation s’accompagne d’une progression de près de 5 % des encours et d’un « nombre accru de dossiers traités ». Chez les professionnels, la hausse est de 2,1 %; elle atteint 15,2 % pour les collectivités locales et entités para-étatiques, et 3 % pour les particuliers.
Le paquet sur la digitalisation
À propos du coût du risque, « nous maintenons notre approche de gestion prudente, conduisant à une dotation nette de 18 millions d’euros aux corrections de valeur sur créances et à une dotation de 28,5 millions d’euros au fonds pour les risques bancaires généraux », soutient Laurent Zahles. Il estime que ces montants permettent de couvrir l’ensemble des risques identifiés au cours de l’année tout en renforçant les réserves pour ceux à venir.
Avec de très bons chiffres, Raiffeisen réalise-t-elle le meilleur exercice de son histoire ? Guy Hoffmann tempère : « Ce n’est pas la première fois. Il y a dix ans, la vente d’une de nos sociétés avait déjà généré un résultat exceptionnel. » Il ajoute : « D’un point de vue analytique, l’exceptionnel reste, par définition, non récurrent. »
La banque investira également plus de 10 millions d’euros dans les prochaines années pour la refonte et la digitalisation de son processus d’octroi de crédit, avec pour objectif de rendre le parcours plus fluide et d’améliorer significativement le time-to-offer, afin de se hisser à la pointe des standards du marché.

L’info en plus
De nouveaux visages à la gouvernance
Lors de la conférence de presse, Guy Hoffmann s’est attardé sur l’entrée de nouvelles figures au sein des deux organes de gouvernance. Font leur entrée au conseil d’administration : Aude Lemogne, cofondatrice de l’entreprise Link, pour son expertise dans l’entrepreneuriat, plus particulièrement en audit et en gestion du risque, ainsi que Nathalie Mège, déjà membre du Beirat, l’organe consultatif, spécialiste de la transformation d’entreprise.
Rejoignent le Beirat : Doris Marx (ex-DWS Group), Daphnée Harpes (forte d’une longue expérience chez ABN AMRO), Anne Reuland (membre de la direction de LuxTrust) et Ermin Kocan, spécialiste du marketing et fondateur de Three52 & Three52 Agency.
En savoir plus sur Ecorama Luxembourg
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
