Le nouveau variant du coronavirus s’apparente plus à une source d’incertitude qu’une menace selon le Statec pour lequel il est difficile de mesurer son impact sur les activités économiques du Luxembourg.

Il inquiète le monde entier. Détecté pour la première fois en Afrique du Sud le 24 novembre dernier, le variant Omicron ne cesse de se propager sur tous les continents. Proche de nous, le Royaume-Uni est le pays le plus touché avec 3137 cas comptabilisés la semaine du 13 décembre. Plus facilement transmissible que le Delta, il a déjà fait son arrivée au Luxembourg. Un premier cas a été détecté en début de semaine dernière. Il s’agit d’une jeune femme, doublement vaccinée qui travaille dans le secteur du nettoyage.

Au vu du contexte actuel, on peut se demander si cette nouvelle variation du Coronavirus menacera l’économie luxembourgeoise. Bastien Larue, chef de l’unité Conjoncture du Statec, la perçoit comme un risque. « C’est une source d’incertitude », dit-il. Plusieurs pays ont pris des mesures de restrictions à cause du variant Delta et de la 5e vague. C’est le cas des Pays-Bas qui reconfine partiellement et de l’Autriche qui a récemment prolongé le confinement pour les non-vaccinés. Une chose est certaine : il y aura un impact. Cependant, on ne connaît pas encore son ampleur.

Tom Haas, chef de l’unité Modélisation et prévisions de l’institut luxembourgeois de la statistique évoque la deuxième note de conjoncture de l’année 2021 qui a été présentée le 9 décembre dernier. Pour lui, Omicron se situe entre le scénario central dans lequel on observerait une levée progressive des restrictions sanitaires et le « bas » qui prévoit une légère recrudescence des restrictions. Dans le scénario bas, en 2022 la croissance du PIB serait de 1,8 % tandis que dans le « central », elle avoisinerait les 3,8 %.

En fait, le nouveau variant pourrait affecter l’économie luxembourgeoise de deux manières. La première étant des restrictions au niveau national et international. Sur ce point, « on ne s’attend pas à des mesures très strictes », dit-il. Au niveau international, il y aurait un impact indirect via le commerce extérieur. Le deuxième canal de transmission est lié à une baisse de la confiance des acteurs, qui pourrait faire plonger les marchés financiers et qui pénaliserait la consommation des ménages.

Pas la même pression que lors des deux premières vagues

Le Luxembourg fait partie des pays de l’Union européenne qui ont bien résisté à la crise économique. Ses finances publiques se portent bien. « Les recettes fiscales ont très bien évolué, ce qui permet de retrouver un équilibre budgétaire dès 2021», fait observer Tom Haas. En 2022, « même dans le cas d’un scénario défavorable, elles se porteraient bien. On serait en excédent.

Sur l’état des importations et des exportations, le chef de l’unité Conjoncture pense que « ça va jouer à la baisse ». « On l’a vu dans la première phase de la pandémie, les gens ont moins consommé ». Ils ont surtout changé leurs habitudes de consommation. Une étude du Statec datant du mois de septembre 2021 démontre, entre autres, que les dépenses de carburant ont baissé en 2020 tout comme celles liées à la restauration à l’extérieur (cantine, repas dans les restaurants et les cafés). On peut imaginer un freinage de la consommation à cause des pénuries et des hausses de prix.

L’apparition d’Omicron a chamboulé les marchés financiers qui depuis se sont repris. Si la situation devait s’aggraver, « ils répliqueraient à la baisse », pointe Bastien Larue. Pour l’instant, on n’en est pas encore là.

Dans toute crise, il y a des gagnants. Lors de la première phase de la pandémie, le secteur du fret aérien avait tiré son épingle du jeu, notamment pour le transport de matériel médical. Aujourd’hui, « on n’est pas sûr que cela évolue de la même façon », souligne-t-il. Le besoin de masques chirurgicaux ne risque pas de croître de manière exponentielle dans les prochaines semaines. Les sociétés spécialisées dans le digital, le numérique et la vente en ligne ont bien profité en 2020 avec le développement du télétravail et les confinements. Une chose est certaine, « dans les pays européens, nous n’avons pas la même pression sur les structures hospitalières que lors de la première et la deuxième vague, c’est l’effet vaccin », souligne le chef de l’unité Conjoncture.

On ne sait pas encore quels impacts Omicron aura sur l’économie luxembourgeoise qui est très dépendantes de celle de ses voisins. (Photo : pexels)