En cette fin 2021, les prévisions pour l’année à venir fleurissent. Une chose est sûre, 2022 sera placée sous le signe de la nouveauté avec quelques nuances à prévoir sur certains marchés.

L’année 2020 a ébranlé l’économie mondiale. 2021 a été celle de la « grande reprise ». Qu’en est-il de 2022 ? Elle serait nettement positive à en croire différents experts économiques. « L’économie mondiale devrait croître cette année à un taux robuste de 5,9 % » selon Andrea Siviero, Investment Strategist chez Ethenea. La croissance cyclique se poursuivra dans les mois dans les mois qui viennent mais à un rythme plus modéré car l’économie mondiale est entrée en milieu de cycle. « Le scénario de base est celui d’une expansion continue de la production mondiale à un rythme soutenu, supérieur à la tendance d’environ 5 % », dit-il. Elle sera portée à la fois par : une forte demande intérieure, un rééquilibrage de la croissance au profit du secteur des services et une reprise durable du commerce mondial « une fois les problèmes de chaîne d’approvisionnement résolus ».

Keith Wade, économiste en chef chez Schroders anticipe une poursuite de la relance économique mondiale. Cependant, il prévoit un ralentissement de la croissance. Pour 2021, il table sur une croissance du PIB de 5,6 % à 3,8 % en 2022. L’inflation devrait baisser « mais les chaînes d’approvisionnement connaissent des goulets d’étranglement. Les marchés du travail sont aussi confrontés à des problèmes ». Cela engendre, d’après lui, une inflation plus élevée que prévu.

A propos des « goulets d’étranglement » dans les chaînes d’approvisionnement, William Davies, Deputy Global Chief Investment Officer de Columbia Threadneedle Investments, pense que les entreprises auront « plus de mal à dépasser les attentes » comme cela a été le cas en 2021 « du moins à court terme ». En 2022, « les bonnes surprises devraient laisser place à des déceptions sur le front des résultats d’entreprise », souligne-t-il.

Des actions américaines très onéreuses

Luca Paolini, chef stratège de Pictet Asset Management est moins optimiste. « L’année 2022 sera marquée par un ralentissement plus que par un retournement. Nous avons atteint le dernier tiers d’expansion de ce qui semble être le cycle le plus rapide de l’histoire pour les marchés comme pour les entreprises », analyse-t-il. Quant à Bill Street, CIO et Daniele Antonucci, Chief Economist de Quintet Private Bank, ils s’attendent à une croissance mondiale à 4,3 % en 2022 contre 6 % en 2021.

Maintenant, à quoi faut-il s’attendre sur les différents marchés ? William Davies de Columbia Threadneedle Investments pense que les firmes auront « plus de mal à dépasser les attentes » comme cela a été le cas en 2021. « Je m’attends à une plus grande dispersion de la performance des actions tout au long de l’année, un contexte qui pourrait créer des opportunités pour les investisseurs d’actifs ». « La poursuite du pari sur la réouverture, sur fond de maintient d’une croissance du PIB supérieur à la moyenne, présente des opportunités de surperformance cyclique, notamment au premier semestre », annonce-t-il. Christian Schmitt, Senior Portfolio Mangaer chez Ethena est plus catégorique : « dans l’ensemble, les opportunités de rendement des actions se distinguent encore en 2022 par rapport aux autres classes d’actifs les plus importantes telles que les obligations, les liquidités et l’or ».

Toujours à propos des actions, Luca Paolini de Pictet Asset Management assure que la situation est plus nuancée aux États-Unis. « Les actions peuvent certes paraître très onéreuses mais les bénéfices devraient sauver les rendements en 2022 et les cours pourraient monter avec la hausse des marges bénéficiaires ». Il reste « très prudent » sur les actions des marchés émergents. Cependant, « un retour vers ces marchés paraît probable au second semestre 2022 ».

Obligations : une nouvelle année difficile

En 2021, les investisseurs sont revenus en masse sur le marché obligataire, surfant sur la vague de liquidité qui, d’après William Davies, a rendu la plupart des actifs risqués plus attrayants. Par conséquent, les valorisations sont élevées. « Dans la mesure où nous pensons que l’inflation perdurera et où un retrait des mesures de relance se profil à l’horizon, on peut s’attendre à ce que les rendements obligataires augmentent en 2022, une perspective guère réjouissante », soutient-il.

Le spécialiste de Pictet Asset Management dit que les investisseurs obligataires « doivent se préparer à une nouvelle année difficile ». Les bons du Trésor américain encaisseront probablement des pertes, « bien que le rendement des titres à 10 ans risque de dépasser difficilement les 2%. Par ailleurs, les rendements réels des obligations indexées sur l’inflation ont atteint un plancher historique. Ce segment ne satisfera donc pas non plus les investisseurs », prévient-il.

Volker Schmidt, Senior Portfolio Manager chez Ethenea s’attend à « une année de ‘portage’ solide du côté des obligations, avec une faible volatilité et des paiements de coupons réguliers ». Il ne prévoit pas non plus de hausse significative des prix en raison des spreads déjà très réduits et du « potentiel limité » de réduction supplémentaire de ces derniers.

Plusieurs changements s’annoncent en 2022 reste à savoir comment les classes d’actifs réagiront dans les mois à venir. (Photo : pexels)