Malgré un contexte difficile marqué par la pandémie de coronavirus, le nombre de faillites au Luxembourg a baissé de plus de 5% l’an passé, informe Creditreform.

On s’attendait au pire. Et finalement, il n’est pas venu. En 2020, selon la société spécialisée dans le recouvrement de crédit Creditreform, le nombre de faillites a reculé de 5,07% pour atteindre les 1199. Il y en a eu 1263 en 2019 et 1195 en 2018. Le chiffre inclut celles de décembre 2019 « qui ont uniquement été publiées en 2021 », précise le communiqué de l’entreprise diffusé ce vendredi.

Le secteur manufacturier semble le plus touché avec une hausse de 450% l’an passé par rapport à 2019 « avec 11 faillites d’entreprises, ce qui ramène les chiffres au niveau de 10 faillites de l’année 2018 », souligne le texte. Le secteur des services a enregistré 882 cas de déconfiture contre 884 en 2019, ce qui représente une très légère baisse de 0,23%. L’Horesca, pourtant fortement touché par les mesures de fermeture prises par le gouvernement, a vu son nombre de faillites reculer à 128 contre 171 en 2019. Idem dans le secteur du commerce où il n’y a eu que 214 cas contre 253 un an auparavant. Dans la construction, on observe une diminution de 25,81% des déconfitures. Elles passent de 124 à 92.

Au niveau de l’âge, les firmes de plus de 5 ans ont été les plus nombreuses à faillir (81,32%). « La proportion de faillites d’entreprises de moins de cinq ans est de 16,68% en 2020, en baisse par rapport à 2019 (24,17%) », dit encore le communiqué.

« Des augmentations de faillites plus faibles que dans les pays voisins »

Si on regarde la forme juridique, la société à responsabilité limitée (sarl) continue d’avoir la plus grande part de faillites avec une diminution de 10,91% à 653 cas. Il y en avait eu 733 en 2019. « Toutefois, cette forme juridique, principalement utilisée par les petites entreprises, montre que l’aide Corona aux PME a un effet, en particulier dans les secteurs du commerce de détail et de l’Horesca. Seulement les années 2021 et 2022 montreront quel effet « Corona » aura eu dans ces secteurs les plus touchés », prévient l’entreprise.

Pour Herbert Eberhard, administrateur délégué de Creditreform : « l’expiration des aides Corona sera décisive pour le développement des faillites en 2021. Toutefois, en raison de la vigueur du secteur des services, les augmentations seront probablement plus faibles que dans les pays voisins ».

De son côté, le Statec a publié d’autres statistiques et fait le constat qu’il n’y a pas plus de faillites en 2020 qu’en 2019. Les chiffres issus du registre de commerce et datant du 11 janvier 2020 « pour les données les plus récentes » indiquent que 1206 entreprises sont tombées en faillite contre 1239 en 2019 et 1168 en 2018.

« Les faillites enregistrées en 2020 ont entraîné une perte de 2 032 postes d’emploi, contre 2 178 en 2019 et 2 085 en 2018. Cette perte d’emploi se répartit par branches d’activité économique comme suit : construction (31%), services non financiers (23%), Horesca (19%), commerce (17%), industrie (9%) et services financiers (2%) », pointe l’institut de la statistique. « Il n’y a donc pas, pour le moment, d’augmentation significative du nombre de faillites, même si au vu de la situation particulière liée au COVID-19, le Statec s’attend à une augmentation du nombre de faillites dans les mois à venir », pointe-t-il.

Le nombre de faillites au Luxembourg a reculé mais il faudrait s’attendre à une hausse en 2021. (Photo : pexels)