Malgré une légère progression du nombre de postes l’an dernier, la forte hausse du nombre de chômeurs maintient le marché du travail luxembourgeois sous tension. Une situation inédite depuis plusieurs décennies, selon l’Agence pour le développement de l’emploi. Présenté ce mercredi par la directrice Isabelle Schlesser et le ministre du Travail Marc Spautz, le rapport annuel met en avant les « profondes mutations économiques en cours ». Voici les principaux points à retenir.
« Le marché de l’emploi est atypique ». Ces mots prononcés par Isabelle Schlesser, la directrice de l’ADEM ne surprennent personne. Ils reflètent une situation que l’on ne rencontre pas dans les autres pays européens. Regardons les chiffres de plus près.
46 % : C’est le pourcentage de travailleurs frontaliers actifs sur le marché de l’emploi qui compte 530.000 personnes. En filigrane, cela signifie que les trois-quart des salariés ne possèdent pas la nationalité luxembourgeoise. La croissance du marché a été modeste en 2025 (+1,8%). On est bien loin des 3 % enregistrés les années antérieures. Le constat est amer : il a perdu en dynamisme mais reste encore attractif.
6,3 % : le taux de chômage établi à 6,2 % à la fin décembre 2025, a atteint les 6,3 % en mars. De ce côté-là, la situation n’est pas positive. En effet, l’écart entre l’offre et la demande demeure important avec, toutefois, « une légère amélioration », note l’ADEM. Il n’empêche que de nombreuses incertitudes demeurent. Elles sont notamment liées à la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran. Lors de la première réunion de la tripartite énergie de mardi, le Statec avait présenté deux scenarii en fonction de la crise actuelle. « Si le conflit en Iran ne dure pas, le taux de chômage serait à 6,2 % », a assuré Isabelle Schlesser. Dans la situation inverse, il grimperait à 6,6 %.
42.000 : il s’agit du nombre de personnes inscrites dans les fichiers de l’agence au cours de l’année. Cela représente une augmentation de 26 % depuis 2022. A la fin de l’année 2025, plus de 21.000 résidents étaient inscrits. Un niveau qualifié de « record ayant fortement touché les activités de l’ADEM », selon l’institution. A savoir que de ces 42.000, on dénombre plus de 9.000 non-résidents (+70 % depuis 2022). A noter qu’un demandeur d’emploi sur cinq ne vient pas d’un pays européen, selon la directrice.
455 millions : c’est le montant des indemnités de chômage complet versées l’an dernier. Il a progressé de 30 millions d’euros sur un an et de 130 millions sur deux ans. « En moyenne, un chômeur a reçu 3.015 euros par mois avec une durée moyenne d’indemnisation de 6,2 mois », a précisé la directrice. Le montant varie évidemment en fonction du salaire touché antérieurement en entreprise.
10.000: C’est le nombre de démarches effectuées sur MyGuichet demandant l’indemnité de chômage complet depuis le 10 novembre 2025, date de lancement de ce processus. D’ici la fin 2026, la procédure d’inscription en ligne sera facilitée grâce à « un parcours plus intuitif et plus rapide », promet l’ADEM. 35 % des demandeurs s’est déjà inscrit de cette manière et « le taux ne cesse d’augmenter ».
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IA : de l’importance du bon mot-clé sur le CV
De plus en plus d’entreprises utilisent des logiciels dopés à l’IA pour recruter. Ils s’apparentent, pour certains chômeurs, à des barrières à l’entrée. Interrogée sur les remontées des agents du terrain sur cette tendance, la directrice de l’ADEM insiste sur la prévention : « ce qui est important pour nous, c’est d’informer les demandeurs d’emploi que ces systèmes existent ». Il semblerait que beaucoup d’entre eux « n’en ont pas conscience ». Le meilleur des conseils étant que « les CV des personnes soient adaptés en conséquence, qu’ils mettent les bons mots-clés que les systèmes recherchent », notamment en termes de compétences.
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