L’Afrique subsaharienne s’impose comme une région de plus en plus attractive pour les investisseurs, portée par une croissance solide, une baisse des ratios d’endettement et une importance géopolitique croissante. C’est ce qu’affirme Raza Agha, Head of Emerging Market Sovereign Strategy chez Legal & General Investment Management, qui estime que le cas d’investissement des obligations souveraines africaines se renforce structurellement.

Au cours des dernières décennies, les pays d’Afrique subsaharienne ont considérablement élargi leur accès aux marchés internationaux de capitaux. À ce jour, 17 souverains de la région ont émis, émettent ou prévoient d’émettre des euro-obligations. La taille du flottant négociable a augmenté de plus de 100 milliards de dollars au cours de la dernière décennie. Cette dynamique reflète un intérêt soutenu des investisseurs, en partie lié à la surperformance historique du crédit souverain africain par rapport aux autres régions émergentes.

Selon Agha, six facteurs clés expliquent l’attrait persistant de la région pour les investisseurs :

1. Une forte diversité économique
L’Afrique subsaharienne est sans doute la région la plus diversifiée parmi les marchés émergents. Elle comprend des exportateurs de pétrole tels que Nigeria et Angola, des producteurs de métaux comme le Ghana (or) et la Zambie (cuivre), des pays riches en minerais critiques tels que la République Démocratique du Congo, la Namibie et le Mozambique, ainsi que d’importants exportateurs agricoles comme le Kenya et la Côte d’Ivoire.

2. Une croissance forte et résiliente
Excepté l’Asie émergente, l’Afrique subsaharienne a enregistré la croissance du PIB réel la plus rapide parmi les régions émergentes ces dernières années. Cette performance repose sur des dynamiques structurelles telles que l’urbanisation rapide et l’expansion d’une classe moyenne en plein essor.

Depuis 1980, cette classe moyenne a presque triplé pour atteindre plus de 300 millions de personnes et devrait à nouveau tripler d’ici 2060. Parallèlement, la population de la région devrait atteindre environ 2,5 milliards d’ici 2050, avec une part croissante d’habitants vivant en zones urbaines.

3. Des flux de capitaux en hausse
La reconnaissance de ce potentiel par les investisseurs se traduit non seulement par une émission continue d’euro-obligations, mais aussi par une augmentation des investissements domestiques et étrangers dans la région.

4.Une amélioration des dynamiques d’endettement
Les investisseurs n’opèrent pas dans un vide. Outre une croissance robuste, l’amélioration des fondamentaux macroéconomiques contribue à ancrer les anticipations des investisseurs.

Cela se reflète notamment dans les dynamiques budgétaires : l’Afrique subsaharienne est la seule région émergente où les ratios d’endettement devraient diminuer à court terme, grâce à la réduction la plus soutenue des déficits budgétaires observée depuis au moins deux décennies.

5. Des politiques économiques prudentes
Ces améliorations macroéconomiques, ainsi que la confiance des investisseurs, sont renforcées par l’engagement continu avec le Fonds Monétaire International, qui favorise l’adoption de politiques économiques prudentes.

Cette coopération durable se traduit de plus en plus par des relèvements de notation souveraine à travers le continent.

6. Une importance géopolitique croissante
Combinée à l’abondance de ses ressources naturelles et à sa proximité stratégique avec l’Europe, le Golfe et l’Asie, l’Afrique subsaharienne gagne en importance géopolitique. La région joue un rôle clé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques, dans la sécurité énergétique pour l’Asie et l’Europe, ainsi que dans la sécurité alimentaire des pays du Golfe.

Selon Agha, l’opportunité d’investissement en Afrique subsaharienne va au-delà de la simple diversification des portefeuilles :

« Le cas d’investissement est multidimensionnel. Certains investisseurs seront attirés par l’exposition à certaines des économies à la croissance la plus rapide au monde, riches en agriculture, en ressources naturelles et en minerais critiques, particulièrement dans un contexte de forte attention géopolitique.

D’autres se tourneront vers des pays où la démographie favorise le saut technologique, l’adoption des fintechs et la digitalisation, ou simplement vers des économies présentant une amélioration de leur profil de crédit », conclut-il.


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