En 2025, l’indice global de la qualité de travail est tombé à 53,4 points, son niveau le plus bas depuis douze ans. Cette baisse confirme l’érosion progressive des conditions de travail, malgré un marché de l’emploi longtemps jugé solide.

Présentés ce mercredi matin par la Chambre des salariés, les résultats 2025 du Quality of Work Index confirment cette dégradation. Après la chute brutale de 2020, suivie d’une légère reprise en 2022, l’indice repart à la baisse. Avant le Covid-19, il évoluait entre 54,7 et 56,2 points. Sur douze ans, l’érosion se confirme.

Les écarts demeurent marqués selon les profils : les dirigeants et les cadres ainsi que le secteur de l’information et de la communication affichent les scores les plus élevés (57,8 pour l’un et 56,1 pour l’autre). Le télétravail reste un facteur favorable avec un indice de 56,7 pour les télétravailleurs contre 51,9 pour ceux travaillant sur site.

En revanche, la satisfaction est moindre chez les conducteurs de machines et les ouvriers de l’assemblage. Ils affichent le score le plus bas (46 points). Côté secteur, le commerce, les transports et l’Horeca enregistrent les valeurs les plus faibles (50,1 points). En outre, des écarts modérés ont été constatés selon le genre, la situation familiale ou le niveau d’éducation. À titre d’exemple, les hommes affichent un score légèrement supérieur (+1 point). Les parents isolés ont une qualité de travail plus faible (51,9). Les salariés les plus diplômés obtiennent les scores les plus élevés. À noter que les frontaliers français restent en dessous de la moyenne avec un indice de 51,2.

Moins de sécurité de l’emploi

Par rapport à 2024, la charge mentale, le travail dans l’urgence et le harcèlement moral ne présentent pas de changement significatif, selon l’étude. En revanche, d’après David Büchel, psychologue du travail de la Chambre, « les risques psychosociaux restent élevés, les risques physiques remontent et la mobilité professionnelle se complique ». Ce cocktail explosif signale que l’environnement de travail devient progressivement plus exigeant et plus contraignant pour les salariés.

Les ressources positives s’effritent. Depuis 2020, l’étude note que la participation aux décisions et l’accès à la formation continue restent faibles. L’autonomie et le retour (feedback) par rapport au travail demeurent modestes. Aucune reprise notable n’a été observée. La satisfaction salariale a atteint son niveau le plus bas en 2022 et reste depuis cette date stable.

De plus, la sécurité de l’emploi connaît une nouvelle baisse (71,1 points contre 73,6 en 2024). Cette évolution marque un fort contraste avec la période 2019-2024 durant laquelle le sentiment de sécurité s’était renforcé. Parallèlement à cela, les salariés expriment de plus en plus d’inquiétudes liées à l’automatisation. Ces préoccupations sont marquées particulièrement chez les jeunes, les travailleurs frontaliers ainsi que chez les salariés aux qualifications intermédiaires et dans les secteurs privé et technologique.

Pour la CSL, c’est clair : ces évolutions observées appellent à plusieurs changements. Il s’agit d’un renforcement des politiques de prévention, d’une adaptation des charges et des rythmes de travail, d’une amélioration de l’organisation du travail afin de limiter les risques psycho-sociaux et physiques et de garantir la soutenabilité du travail à long terme.


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