La plateforme de gestion de fortune indépendante dédiée aux entrepreneurs internationaux et aux grandes familles a récemment annoncé l’ouverture de son bureau luxembourgeois. Une implantation supplémentaire qui marque l’extension de sa présence à l’international. Le CEO de l’antenne grand-ducale Nicolas L’Hermite, recruté au Luxembourg, assure que la structure se définit comme un complément des établissements bancaires privés.
Norman K. jette enfin l’ancre au Grand-Duché. Officiellement ouverte le 30 janvier, l’antenne s’inscrit comme la suite logique d’une histoire déjà entamée entre l’entreprise et le pays. Né en France en 2021, le groupe de gestion de fortune indépendant entretenait des relations étroites avec l’écosystème financier luxembourgeois depuis de nombreuses années. Il a toutefois fallu du temps ainsi que la démonstration de la pertinence du modèle pour qu’enfin l’implantation devienne une réalité. Son moteur est clair : la croissance.
Après Londres en 2021, où le bureau a été ouvert « avec de la croissance purement organique, en démarrant de zéro », rappelle Nicolas L’Hermite, le CEO de l’antenne grand-ducale, la stratégie diffère légèrement dans le pays de Dicks : « la volonté du groupe Norman K est de lier la mise en place du footprint luxembourgeois avec de la croissance externe ». Cette ambition se matérialise grâce à l’entrée dans le capital, il y a un an, d’un partenaire institutionnel MBO+. « On fera une acquisition, peut-être deux », souffle-t-il fort de dix-huit années passées en banque privée au sein du groupe BNP Paribas avant d’être repéré par le gestionnaire français.
Les cibles sont identifiées : des assets managers dont la taille critique ne permet plus de soutenir une dynamique de croissance en phase avec les exigences actuelles du marché. « En dessous d’une certaine taille d’actifs sous gestion, on voit bien que les questions de profitabilité peuvent se poser. Or, ce n’est pas pour autant que ces acteurs n’ont pas quelque chose à apporter au marché », insiste le PDG.
Une indépendance chevillée au corps
Dans un contexte de concentration des acteurs, Norman K. entend faire souffler un vent nouveau : « ce que nous proposons, c’est de venir avec notre setup, notre business model qui correspond bien aux attentes de la clientèle fortunée et institutionnelle européenne et donc de proposer à ce genre de structure un nouvel élan » en y bénéficiant.
L’objectif chiffré est posé sur la table : atteindre le milliard d’actifs sous gestion sera « une première étape à franchir ». En sachant que le groupe en fait déjà deux milliards. « Nous ne réfléchissons pas qu’en matière d’actifs sous gestion », prévient-il. « Notre modèle combine l’asset management mais aussi quatre autres verticales très fortes dans lesquelles on a intégré toutes les ressources ». Il poursuit : « quand on dit être un acteur de référence, c’est également dans l’accompagnement de structuration de financement, dans la proposition d’investissement de private asset et dans le private market et aussi dans l’accompagnement des services de family offices ».
Sur ce point, pas d’ambiguïté : « nous ne sommes pas un concurrent des banques privées. Nous travaillons avec elles », martèle-t-il. Il dit avoir besoin de déposer les fonds dans ce type d’établissements financiers. « Nous capitalisons sur la solidité des bilans de nos banques partenaires et travaillons dans une logique d’alignement entre leur appétit pour le risque et les caractéristiques des projets de nos clients. Nous sommes également attentifs aux solutions additionnelles qu’elles peuvent proposer, lorsque celles‑ci permettent d’enrichir ou d’optimiser la structuration. »
Norman K revendique haut et fort son positionnement d’acteur indépendant du Wealth Management, fondé sur l’architecture ouverte et l’indépendance. Aujourd’hui, « en tant qu’indépendant, je vais sonder les acteurs que je pense être légitimes pour répondre à mon appel d’offres et je vais chercher les meilleures offres pour mes clients », résume-t-il.
À la fois point d’ancrage et de passage
Abordant la question de la créativité, l’associé de Nicolas Mayer, le directeur des ventes, rétorque qu’elle va dans l’intérêt du client. Elle est dirigée « à la fois par l’identification d’acteurs présentant un appétit au risque plus marqué, et par la recherche de partenaires offrant des solutions plus traditionnelles et moins coûteuses. »
Mettant l’accent sur la synergie existante entre les bureaux de Paris, Nice, Genève et Londres, le jeune CEO estime que le Luxembourg est une « base avancée » dans la conquête de nouveaux pays. Le Grand-Duché est la plateforme de référence « lorsqu’on a des actifs stratégiques en Europe. À partir du moment où nous sommes au milieu de l’écosystème luxembourgeois, nous sommes une référence, qu’on est solide, alors on peut être un point d’ancrage et de passage pour toutes les grandes familles d’actionnaires européennes », résume-t-il.
L’ouverture du bureau au Luxembourg répond à un objectif assumé : recruter des banquiers séniors. Des talents expérimentés, dotés de leur propre réseau capable de générer de l’activité tout en adhérant au projet entrepreneurial de la société.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour avancer un nombre précis de clients, Nicolas L’Hermite confirme que la structure luxembourgeoise en a déjà intégré plusieurs. Elle a même contribué au chiffre d’affaires dans le groupe. Un signe positif pour la suite de l’aventure et de l’ancrage durable sur la place financière luxembourgeoise.
En savoir plus: https://www.norman-k.com/fr/
En savoir plus sur Ecorama Luxembourg
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
