Active au Luxembourg, en Belgique et en France, Funds for Good est une entreprise au modèle original : générer du profit pour le partager. Elle est l’un des acteurs important de la sphère ESG dans le Royaume. Dans cet entretien en deux parties accordé à Ecorama Luxembourg, Nicolas Crochet, le co-créateur et co-CEO, évoque la place de sa société dans le secteur de la finance durable ainsi que le partenariat tissé avec Banque de Luxembourg Investments (BLI) depuis 2013.
Ecorama Luxembourg : En quelques mots, qu’est-ce que Funds for Good ?
Nicolas Crochet : Funds for Good est une société qui a un mode opératoire un petit peu particulier, à savoir que nous sommes un fournisseur de produits d’investissement qualitatifs. A ce titre, nous devons, pour attirer un maximum d’actifs, fournir des solutions qui soient efficaces, qui soient bien gérées, à des coûts qui soient tout à fait standards. Mais, en tant qu’entreprise, nous avons pris la décision de consacrer la moitié de nos propres profits à un projet social que nous gérons également.
E.L : En quoi consiste ce projet ?
N. C: Ce projet consiste à financer et accompagner des candidats à l’entrepreneuriat dans les zones géographiques dans lesquelles se trouvent nos investisseurs . Cela permet, in fine, aux investisseurs d’investir dans nos produits pour pouvoir non seulement bénéficier du revenu financier généré par ces fonds, mais en plus de pouvoir avoir accès à l’impact que nous avons généré près de chez eux. Quand je dis avoir accès, c’est être mis au courant des entrepreneuses et entrepreneurs que nous avons financés, de pouvoir les rencontrer, utiliser leurs produits et services ou se porter volontaire en tant que bénévole dans notre association.
E.L : Vous dites se porter volontaire dans votre association, vous pouvez préciser ?
N.C : C’est-à-dire qu’en fait, toutes les personnes qui investissent dans nos solutions d’investissement peuvent, si elles le désirent, participer à notre projet social. Elles nous permettent de générer un impact, mais si elles veulent s’impliquer dans cet impact, elles sont les bienvenues.
E. L : Selon vous, quelle est votre place dans le secteur de la finance durable ?
Quand on s’est lancé, Il y a 14 ans, le secteur de la finance durable était presque inexistant. Des années 2015 à 2021, il s’est énormément déployé et développé pour aujourd’hui, de nouveau, se restreindre un petit peu. Nous nous sommes toujours distingués par le côté tangible, palpable, concret de l’impact rendu possible par les investissements dans nos fonds. Nous démontrons qu’il est possible, à travers des solutions d’investissement classiques et liquides, de générer un impact. Maintenant, l’investissement durable en tant que tel, est un secteur à multiples facettes.

for Good. (Photomontage : ecorama luxembourg)
E.L : Qu’entendez-vous par là ?
Dans ce secteur, on retrouve tant les gérants « classiques » qui ont implémenté des politiques de durabilité à l’intérieur de leurs fonds, de durabilité à titre social ou à titre environnemental, qui sont définis par des critères précis qu’on peut retrouver dans la plupart des sociétés cotées. C’est vraiment tout un secteur qui s’est développé.
Au départ, se sont développées des politiques ISR, d’exclusion, suivies par des politiques d’inclusion, et finalement, de « best in class », où les produits vont investir dans les sociétés qui peuvent être les plus vertueuses sur des critères environnementaux ou sociaux. Nous sommes plutôt du côté de ceux qui génèrent un impact. Ceci étant, les produits que nous proposons répondent également à des critères environnementaux ou sociaux dans les sous-jacents de nos produits.
E.L : Vous venez en complément du secteur, si je comprends bien ?
N.C : Oui, nous venons compléter le secteur. C’est une chose. Et une autre chose qui est très importante, c’est que nous nous positionnons comme un partenaire des autres acteurs. C’est-à-dire que nous, ce que nous cherchons à faire chez Funds for Good, c’est de déployer des collaborations avec des acteurs du secteur plutôt que de créer de la concurrence avec eux.
E.L : Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple concret ?
N.C : Notre collaboration avec Banque de Luxembourg Investment (BLI) depuis 2013, par exemple. Nous avons octroyé un premier mandat de gestion à Banque de Luxembourg Investment en 2013. La collaboration s’est fortement développée avec eux, les actifs ont grandi. La qualité de la relation s’est également fortement développée. Avec le temps, BLI, a pu observer le concret de l’impact que nous avons généré et la pertinence de cet impact.
Cela s’est traduit, il y a deux ans par le lancement d’une gamme de fonds à double impact. Ce sont des fonds que BLI gère et qui sont commercialisés par leur maison mère. Ils sont gérés par BLI selon, qui investi dans des entreprises dont les activités sont liées à des objectifs de développement du millénaire.
En parallèle, BLI nous a demandé, à travers un partage de ses propres frais de gestion avec nous, de financer des entrepreneurs liés à ces mêmes objectifs de développement du millénaire. On peut dire que pour un fonds qui investirait dans de grandes entreprises cotées en bourse et dont l’activité serait liée à la santé ou au bien-être, par exemple, le fonds va également permettre le financement d’entrepreneurs dont la profession est liée aux mêmes thématiques, comme par exemple une candidates entrepreneuse qui se lance aide-soignante indépendante.
Suite de l’entretien le lundi 28 juillet 2025
En savoir plus sur Ecorama Luxembourg
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
