Deux entrepreneurs messins ont lancé MatchJob, une application inspirée des codes de Tinder qui met en relation candidats et employeurs dans les métiers des secteurs en tension. Présente au Luxembourg depuis septembre 2024 où elle pense changer de stratégie, elle se verrait bien franchir d’autres frontières d’ici quelques années.

Recruter avec un CV et une lettre de motivation, n’est-ce pas un peu dépassé ? Pourtant, encore aujourd’hui, beaucoup d’entreprises choisissent leurs salariés par ce biais. Si certains décrochent le Graal grâce à l’ancienne méthode, d’autres optent une stratégie différente. Manon Chiche et Jonathan Carpi, deux entrepreneurs originaires de Metz, ont créé une application mobile qui change la donne. MatchJob, c’est son nom, s’inspire du fonctionnement de Tinder et donne ainsi un coup de jeune à la manière de mettre en relation entreprises et candidats.

Les origines de l’app remontent à il y a quelques années. Postulant à une offre de commercial pour la société Bofrost, Manon Chiche s’est retrouvée à occuper celui de RH. « Lorsque j’étais chez eux, on a fait un test de recrutement d’étudiants en vidéo. Ça marchait super bien, j’ai gagné du temps et on a beaucoup plus recruté », se souvient la co-fondatrice de la société éponyme. La vidéo raccourcit le processus de recrutement des deux côtés. « On voit si la personne correspond au poste ou pas », continue-t-elle. Autre avantage, cela humanise le processus. Comme elle le dit, « il n’y a pas les diplômes qui comptent ».

Sortie en janvier 2024 en France, MatchJob est « 100 % mobile ». Le fonctionnement est le suivant : le candidat se présente dans une vidéo de 30 secondes. « Il se met dans la façon où il est le plus à l’aise pour décrocher un entretien avec une société », résume Manon Chiche. De cette manière, la personnalité et la motivation sont mis en avant. Grâce à la fonctionnalité de géolocalisation, il peut filtrer les offres d’emploi en fonction de sa situation géographique. Un petit plus qui permet de débusquer les opportunités professionnelles près de chez soi.

Viser des postes plus qualifiés

De son côté, l’entreprise présente le poste et l’environnement de travail en une minute. Le recruteur est sûr d’avoir la « perle rare » en entretien. L’application vise les métiers en tension, à savoir « l’Horeca, la vente, les services à la personne et aux entreprises », précise la co-fondatrice. Selon elle, « on essaye de créer des coups de cœur professionnels, ça peut faire la différence ».

Active pour l’instant dans le Grand-Est, la société a l’ambition de « toucher toute la France » d’ici la fin de l’année 2025. Mais depuis septembre 2024, l’application est disponible au Grand-Duché. Un petit marché du travail en tension qui continue d’attirer « des talents » du sillon lorrain. Pour le Luxembourg, les fondateurs pensent développer une autre stratégie qui vise des postes plus qualifiés car dans les métiers en tension, le recrutement se fait le plus souvent avec le bouche-à-oreille.

Bien qu’elle ait déjà traversé les frontières de l’Hexagone, MatchJob aimerait être présente dans plusieurs pays d’Europe « d’ici 2028 », appuie Manon Chiche. La Belgique pourrait être son premier terrain de jeu dans l’Union européenne.


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