Le premier fonds d’investissement luxembourgeois entièrement détenu par des femmes a reçu au mois de septembre dernier son agrément de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF). Le Female Fund, a pour but de soutenir l’investissement responsable et de promouvoir l’actionnariat au féminin. Sa fondatrice, Lovisa Löwenborg, nous en dit plus sur cette initiative novatrice.

Les fonds sont-ils exclusivement une affaire d’hommes ? La réponse est non. Et ce n’est pas Lovisa Löwenborg qui dira le contraire. L’investisseuse de 36 ans d’origine suédoise spécialisée dans l’immobilier et co-fondatrice du groupe d’investisseuses Wire Invest a récemment lancé au Luxembourg un véhicule d’investissement qui sort de l’ordinaire.

Le Female Fund, c’est son nom, veut soutenir les investissements durables et promouvoir l’actionnariat féminin mais aussi l’égalité au sein du secteur financier, conformément à l’article 8 de la réglementation SFDR. Il vise à investir dans des entreprises qui contribuent activement à la résolution de problèmes mondiaux comme le changement climatique et la perte de biodiversité. Sa structure réglementée permet de collaborer avec des acteurs institutionnels et des gestionnaires d’actifs du monde entier. Il est une « évolution » du groupe d’investissement fondé en Suède en 2018.

Son lancement depuis le Grand-Duché ne doit rien au hasard. « C’est un très bon endroit pour faire du commerce international », grâce à ses bonnes relations avec l’Union européenne, fait remarquer la jeune femme. « Si vous voulez construire quelque chose de global et que vous voulez rester proche du marché où vous avez vos actifs, je pense que le Luxembourg est le meilleur endroit pour le faire ».

Les facilités d’une structure réglementée

Ce véhicule veut donner la possibilité aux femmes «de faire partie du secteur financier », dit Lovisa Löwenborg. Mais aussi d’investir dans d’autres produits et de « participer au développement du futur ». « Si vous investissez votre argent, vous avez aussi le pouvoir de prendre des décisions et de participer au développement », remarque-t-elle. L’accent mis sur les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ne répond pas à un effet de mode. Selon l’investisseuse, dans une période post covid-19, « l’ESG est de plus en plus à l’ordre du jour. Il est donc tout à fait naturel aujourd’hui d’investir dans des fonds et des projets » de ce genre.

Dans un premier temps, le Female Fund sera un fonds immobilier aux accents ESG. Sa fondatrice imagine déjà un second de type capital-risque (VC) pour les entrepreneuses. « Je voudrais déjà mettre en place le premier pour qu’il soit opérationnel et que nous puissions le contrôler. Ensuite, nous pourrons lancer le suivant », prévient-elle.

La première levée de fonds aura lieu cet automne, avec un objectif d’au moins 10 millions d’euros pour commencer à investir au début de l’année 2024. Ils continueront à provenir uniquement d’investisseuses du monde entier. Avec une structure réglementée, il devient plus facile de collaborer avec les gestionnaires de patrimoines, les banques et les compagnies d’assurance. 50 femmes y investiraient « soit en cash ou par l’intermédiaire d’un investisseur privé ou d’une entreprise, si elles en ont une et par les actifs qu’elles voudraient investir. Il est aussi possible de venir avec sa propre firme ou une assurance-capital si on en a une. Si on a des économies dans une assurance-capital, on peut aussi le faire », précise la fondatrice. Elle espère en avoir 1.500 dans les cinq années à venir.

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