Le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé jeudi 14 septembre de relever une nouvelle fois ses taux directeurs de 25 points de base. D’après Wolfgang Bauer, gestionnaire de fonds M&G Public Fixed Income, il s’agirait de la dernière hausse du cycle. Il estime que le PEPP ne devrait pas faire long feu.

Même si le calme règne sur le front des taux, Wolfgang Bauer, gestionnaire de fonds M&G Public Fixed Income s’attend à ce que l’attention se porte sur les programmes d’achat d’actifs. « Je ne pense pas que la vente active d’obligations à la manière de la Banque d’Angleterre soit sérieusement envisagée à Francfort, mais les questions relatives aux réinvestissements continueront à se poser », dit-il.

Pour rappel, la taille du portefeuille du programme d’achat d’actifs (APP) de la BCE diminue car, à partir de juillet 2023, l’Eurosystème ne réinvestira plus les paiements du principal des titres arrivant à échéance. Cette mesure ne s’applique toutefois pas au programme d’achat d’urgence face à la pandémie (PEPP). La BCE a l’intention de réinvestir les paiements en principal dans le portefeuille d’obligations PEPP d’environ 1 700 milliards d’euros au moins jusqu’à la fin de l’année 2024.

Interrogée sur les réinvestissements du PEPP lors de la conférence de presse de la BCE, la présidente Lagarde s’est empressée d’écarter toute spéculation sur un éventuel changement de cap. Et, de son point de vue, une certaine réticence à supprimer les réinvestissements, qui réduirait la taille et l’importance du PEPP, est compréhensible. Ce dernier offre à la BCE un degré de liberté beaucoup plus élevé.

Un outil de gestion des écarts

Créé dans le contexte des pressions croissantes exercées sur la périphérie européenne au plus fort de la pandémie de Covid-19, les investissements du PEPP peuvent, par exemple, être orientés de manière disproportionnée vers les émetteurs d’obligations de la périphérie. En cas d’urgence, le PEPP offre à la BCE, en théorie, suffisamment de flexibilité et de puissance de feu pour empêcher que l’écart entre les obligations européennes périphériques et centrales ne s’écarte de manière déraisonnable. En ce sens, la BCE considère le PEPP comme un outil de gestion des écarts. « Il est difficile de se séparer d’un instrument aussi puissant et de le voir s’éteindre lentement en raison de l’arrêt des réinvestissements », maintient-il.

Il continue de penser que les jours du PEPP sont « comptés ». Poursuivre les réinvestissements de ce produit est « un anachronisme ». De plus, « cela va à l’encontre de l’orientation de la politique monétaire de la BCE, qui est passée d’une politique ultra-libre à une politique beaucoup plus stricte, compte tenu des chiffres de l’inflation dans la zone euro qui dépassent largement l’objectif fixé, ce qui pourrait poser des problèmes de crédibilité. « Pour ma part, je serais surpris que les réinvestissements du PEPP aient réellement lieu avant la fin de l’année 2024 », conclut-il.


En savoir plus sur Ecorama Luxembourg

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.